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20 mai 2008
Retraite: allongement "inéluctable" (PS)
Le député PS Pierre Moscovici a jugé "assez inéluctable" l'allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, à assortir de "contreparties". Parmi les projets gouvernementaux, "je pense qu'il y a des choses qui sont assez inéluctables, l'allongement des durées de cotisation. Mais il faut des contreparties", a déclaré le député du Doubs sur Public Sénat.

Pour Moscovici, il ne s'agit pas de repousser l'âge de départ à la retraite, "ad vitam aeternam, 42, 43 ans" de cotisations. "On doit traiter ce problème du vieillissement, du déséquilibre financier, mais avec les valeurs qui sont les nôtres", celles des socialistes, a-t-il ajouté. Cela signifie "tenir compte de la pénibilité des métiers, des différences d'espérance de vie, du moment où on est entré dans la vie active".
Selon le responsable PS, "il ne faut pas fuir la réalité, ce problème existe et il faut qu'on le traite avec (nos) propositions et non pas en revenant (à) des slogans qui sont irréalistes". "J'espère que le gouvernement entendra, davantage que dans l'affaire des régimes spéciaux", a conclu Pierre Moscovici.
Source : AFP article Le Figaro
A l'heure de la démagogie politique et des autruches qui se mettent la tête dans le sable, il est intéressant de constater l'évolution notable du PS, même si Moscovici parlait sans doute en son nom, sur ce sujet.
La retraite à 60 ans voulu par F Mitterrand au mépris des conséquences économiques, n'a pas été un bien pour l'économie, ni pour le pays, ni pour les générations futures, il est bien de s'en rendre compte, même tardivement.
Puisse, le futur secretaire général du PS, avoir cette lucidité alors qu'en Allemagne l'âge de la retraite sera porté à 67 ans dans quelques années. Tout cela n'est pas réalisé de gaieté de coeur mais par nécessité.
01:40 Publié dans Actualité nationale | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, retraite
Commentaires
Les gens de droite,ceux de l’UMP en fait, ne pourraient-ils pas demander franchement aux socialistes,ou à leur véritable chef s’ils en ont un , s’ils comptent remettre en cause l’allongement de la durée de cotisation des salariés à 41 ans actuellement envisagé (et prévu dans la loi Fillon de 2003) et s’ils vont inscrire cela noir sur blanc dans leur projet de gouvernement pour autant qu’ils arrivent à en élaborer un qui serait proposé par leur candidat à la présidentielle de 2012 ?
Je viens de relire les deux professions de foi de Ségolène Royal tant pour le premier que pour le second tour de la présidentielle de l‘an dernier « La France Présidente » et j’ai constaté qu’il n’y était nulle part question de revenir sur les dispositions concernant les retraites votées par la droite sous le quinquennat précédent,avec Jacques Chirac et Jean Pierre Raffarin et François Fillon.
Bien sûr ,cette bravitudienne dame doit certainement avoir son idée sur le sujet,alors que ne l’interpelle-t-on pas ,elle qui n‘est plus députée ou ceux qui le sont qui l‘ont soutenue ou qui vont la soutenir dans sa tentative de conquérir la direction du Parti socialiste au congrès de Reims en novembre de cette année?
Ecrit par : dab | 21 mai 2008
Pourquoi se focaliser sur le parti PS, qui est devenu un parti de droite comme les autres de mon point de vue?
Même si demain, le PS revenait aux affaires, le principe de l'allongement de la durée de cotisations serait maintenu bien entendu.
Et bien entendu, la pénibilité de l'emploi et les différences d'espérance de vie, et le maintien dans l'emploi des plus de 50 ans ne sont qu'accessoires puisque le seul but est de casser la retraite par répartition à terme pour le plus grand plaisir et avantage de certains.
Il y avait d'autres moyens pour ne pas avoir à allonger la durée de cotisation: que le capital participe davantage et plus sérieusement à la solidarité nationale. On n'a pas beaucoup entendu discuté de cette option comme si elle était tabou.
Après tout, la répartition entre travail et capital penche de plus en plus vers ce dernier, il serait normal de rééquilibrer.
J'aimerai comprendre qu'est ce qu'il y a de logique au fait que si certains (ce n'est pas le cas de tout le monde) vivent plus vieux, ils devraient travailler plus longtemps. Confisquer 40 ans de la vie de quelqu'un pour produire des trucs inutiles qui gaspillent les ressources de notre monde, n'est ce pas déjà beaucoup trop?
Ecrit par : AT | 21 mai 2008
oui AT on devrait travailler UNIQUEMENT 10 ans, donc 10 ans de cotisations vont financer 70 ans d'oisiveté !!!!
Ecrit par : Chris | 23 mai 2008
Tant qu'à faire,
Pourquoi ne pas demander aux syndicats et aux partis politiques de financer nos retraites?
Après tout, ce sont bien eux qui nous les brisent à vouloir nous changer les règles du jeu à chaque changement de gouvernement.
Ecrit par : Katfromaj | 23 mai 2008
Chris:
10 ans de travail salarié, à engraisser le capital des plus riches, ce serait bien assez.
Je ne peux m'empêcher de faire un copier-coller d'un extrait de l'article de Wikipedia consacré à l'essai de Bertrand Russel, :
La thèse principale en est que l'homme observe un culte non raisonnable du travail qui l'amène à travailler toujours plus, ce à quoi il faudrait mettre un terme.
Il défend cette thèse par deux arguments principaux :
Le premier est que la valeur du travail est un préjugé moral des classes privilégiées qui estiment que l'absence d'activité conduirait la plupart des hommes, surtout ceux des classes les plus pauvres, aux désœuvrement et à la dépravation . En conséquence, il serait dans l'intérêt des hommes d'être exploités.
Le second est que la production industrielle est aujourd'hui suffisante pour assurer, avec un minimum de travail, les besoins de tous les êtres humains. La rationalisation de la production en temps de guerre a démontré qu'un nombre de personnes minoritaire peut produire le nécessaire pour toute une population. A plus forte raison, si ce travail est partagé par toute la population, il s'en suit qu'un individu n'a pas besoin de travailler beaucoup pour produire les ressources indispensables à la vie, et même le superflu.
Russell affirme en conséquence que quatre heures de travail par jour suffiraient à faire vivre toute la population dans un confort suffisant tandis que le reste du temps serait consacré au loisir, à l'oisiveté. La conception du loisir ou de l'oisiveté chez Russell se rapproche de l'otium latin loué par Sénèque.
Ce loisir serait consacré à toutes les formes de cultures (des plus populaires aux plus intellectuelles) dont la pratique serait encouragée par une éducation libérée. D'autres thèmes connexes affleurent dans le livre : le pacifisme, la politique (que Russell tourne en dérision), la dénonciation des propriétaires fonciers qui vivent dans l'oisiveté aux dépens des autres, la dénonciation du régime soviétique (Union soviétique) qui obéit aussi au dogme du travail et cela de manière autoritaire, le culte de l'efficacité, le problème de l'enfermement des intellectuels dans leur sphère, éloignés de la réalité du travailleur et de l'éloignement du travailleur du bon loisir (celui non passif et enrichissant la civilisation).
La notion de congés non plus en tant que simple récupération nécessaire au corps, mais comme opportunité de découvrir de nouvelles expériences de vie est également présente, avec trente ans d'avance sur ce que l'on nommera plus tard la civilisation des loisirs.
Notons que Russell reprend l'exemple de la fabrique d'épingles d'Adam Smith avec un brin de moquerie.
Ecrit par : AT | 25 mai 2008
Le titre de l'essai est "Eloge de l'oisiveté".
Ecrit par : AT | 25 mai 2008
Le premier est que la valeur du travail est un préjugé moral des classes privilégiées qui estiment que l'absence d'activité conduirait la plupart des hommes, surtout ceux des classes les plus pauvres, aux désœuvrement et à la dépravation . En conséquence, il serait dans l'intérêt des hommes d'être exploités.
c'est le même qui va dire que les jeunes des banlieues posent problemes car ils n'ont pas de travail
Ecrit par : chris | 26 mai 2008
Le second est que la production industrielle est aujourd'hui suffisante pour assurer, avec un minimum de travail, les besoins de tous les êtres humains. La rationalisation de la production en temps de guerre a démontré qu'un nombre de personnes minoritaire peut produire le nécessaire pour toute une population. A plus forte raison, si ce travail est partagé par toute la population, il s'en suit qu'un individu n'a pas besoin de travailler beaucoup pour produire les ressources indispensables à la vie, et même le superflu.
la vie pendant la guerre un modele économique !!! ah la nostalgie des tickets de rationnement
Ecrit par : chris | 26 mai 2008
La conception du loisir ou de l'oisiveté chez Russell se rapproche de l'otium latin loué par Sénèque.
Savoureux !!! sous les Romains l'oisiveté était réservée à tous ?
Ecrit par : chris | 26 mai 2008
Hummm j'aurai parié que vous aviez écrit ce message le 1er avril
Ecrit par : chris | 26 mai 2008
Chris:
Pendant la guerre, la machine de production était presque entièrement mobilisée à produire de l'armement. L'acier et le fer sont extrêmement indigeste 8-)
(Bertrand Russel n' a pas vécu en France pendant la période 1940-45)
Les paysans romains de la Rome antique n'avaient pas de tracteurs pour les aider à cultiver. Que faisait un paysan au Moyen âge en hiver?
N'avez vous pas remarquer qu'une bonne partie des fêtes chrétiennes sont en hiver? Au moyen âge les gens passaient sans doute autant de temps (sinon plus) à fêter qu' à travailler.
Ils travaillaient pour manger principalement, et non pas pour accumuler un tas de bric-à-braque , cela ne leur prenait pas 39 heures par semaine toute l'année, ne vous en déplaise.
Dans une société où les gens sont programmés pour produire et consommer, s'ils ne produisent pas ET ne consomment pas, ne soyez pas étonnés qu'ils causent des troubles à l'ordre public. Mais cette programmation n'est pas une fatalité.
Vous m'expliquerez comment vous allez créer les millions d'emplois qui pourraient permettre à des millions de chômeurs et gens en sous-emploi subi
(entre 3 et 5 millions de gens au total) pour qu'ils puissent vivre décemment de leur travail?
Faire la promotion du "travail pour tous" sans qu'il y ait la possibilité de travailler suffisamment pour vivre décemment, ceci sans rien demander à personne, est de l'escroquerie et une forme particulièrement perverse de torture.
Ecrit par : AT | 26 mai 2008



